Santé intestinale

 

Résumé

 

  • Il n'y a pas de santé sans des intestins en bon état
  • Les intestins sont connectés à un grand réseau neuronal et sécrètent plus de 20 neurotransmetteurs 
  • La cause de plusieurs maladies mentales pourrait se trouver  dans l'intestin
  • Les intestins et sa flore sont des éléments majeurs du système immunitaire
  • La levure Candida albicans, le mal du siècle
  • L'utilisation répandue des antibiotiques est sans aucun doute un des principaux responsables de l'appauvrissement de la microflore chez la plupart des gens.
  • Prendre bien soin de sa flore pour une santé florissante

 

 

Si les rubriques de ce site débutent par la santé intestinale c’est parce que l’origine de plusieurs problèmes de santé se situe dans l’intestin. Dr Hulda Clark, une américaine d’origine canadienne croît même que pratiquement toutes les maladies sont reliées à la santé intestinale, plus spécifiquement à l’infestation de l’intestin par des parasites.

« L’homme sage est l’homme dont l’intestin fonctionne bien » Bouddha

 

L’intestin, notre deuxième cerveau

 

Depuis une trentaine d’année, la recherche scientifique sur tout ce qui concerne les intestins s’est grandement amplifiée. Il est maintenant d’usage de présenter l’intestin comme notre deuxième cerveau, particulièrement depuis la publication du livre, The second brain, du Dr Gershon, neurogastroentrérologue au Centre médical Columbia Presbyrérien de New York.   Notre intestin serait connecté à plus de 100 millions de neurones et sécrète quelques 20 neurotransmetteurs identiques à ceux produits par le cerveau. Le ventre est donc en quelque sorte le miroir de nos émotions. On associe de plus en plus une santé intestinale déficiente et une flore intestinale déséquilibrée avec plusieurs problèmes mentaux tels la dépression, l'anxiété et même l'autisme1.

 

L’intestin, élément majeur de notre système immunitaire

 

Ce tube de 8 mètres de longueur est également un important acteur de notre système immunitaire où se situent 70 à 85 % des cellules immunitaires de l'organisme. L’intestin nous protège contre les agresseurs de toutes sortes tels les parasites, bactéries, levures ou virus, grâce à un écosystème complexe. Si l’une ou l’autre de ses composantes est affaiblie, nos défenses naturelles sont moins performantes, et c’est la porte ouverte aux maladies. L‘immunité digestive dépend de 3 principaux éléments soit le système immunitaire intestinal (lié aux ganglions intestinaux), la muqueuse ou barrière intestinale, et la flore intestinale.

 

Une flore intestinale constituée de milliards de bactéries

Les scientifiques ont estimé à environ 2 kg le poids de la microflore intestinale. Depuis environ une trentaine d’année, des études ne cessent de confirmer le rôle essentiel de ce microbiote pour notre santé physique et même émotionnelle ou mentale 1. Il y aurait près d’un millier d’espèces différentes de bactéries composant la microflore propre à chaque individu dont seulement 20 % sont bien connues. Lorsque la colonisation de l’intestin par des bactéries bénéfiques telles des lactobacilles et des bifidobactéries est pauvre, le terrain est alors plus propice pour le développement de bactéries, levures ou autres organismes pathogènes et nuisibles. Lorsque bien établies, les bactéries bénéfiques vont occuper l’espace empêchant les parasites de pouvoir coloniser une trop grande partie de la muqueuse intestinale. De plus, ces bactéries produisent et libèrent des substances antibiotiques ou antagonistes2 à ces autres microorganismes qui limitent aussi leur établissement. On peut dire que c’est un des plus beaux exemples de contrôle biologique!

Un riche microbiote ne va pas seulement stimuler le système immunitaire et freiner les mauvais envahisseurs, il permet également une meilleure assimilation de minéraux (magnésium, calcium, fer et zinc) et de vitamines et d’autres nutriments grâce au maintien d’un pH acide adéquat et à la synthèse d’enzyme, notamment la lactase qui permet la digestion et une meilleure tolérance au lactose. Ces bactéries bénéfiques vont même faire la synthèse de vitamines du groupe B (B2, B8, B9 et B12) et de la vitamine K 3. Il a été aussi démontré que certaines souches de Lactobacilles améliorent le métabolisme de la bile, des hormones stéroïdiennes et des lipides chez les rats, réduisant ainsi l’absorption des acides gras et du cholestérol allant même jusqu’à une perte de poids 4, 5. Cependant, l’impact de la composition de la microflore sur le surplus de poids ou l’obésité reste controversé. Il est plus facilement accepté que le type d’alimentation souvent associé à un surplus de poids influence certainement la nature des populations de bactéries de l’intestin6. Par exemple, une alimentation riche en sucres raffinés comme le glucose va favoriser les microorganismes pathogènes qui adorent cette source d’énergie au détriment des bactéries bénéfiques qui se nourrissent plutôt de fibres, particulièrement de fibres solubles qu’on appelle également prébiotiques. D’où l’importance d’une alimentation riche en fibres pour éviter le déséquilibre de la flore intestinale ou dysbiose.

Quand dysbiose rime avec candidose et parasitose

 

La conséquence la plus néfaste d’une mauvaise microflore est certainement un abaissement du système immunitaire et le développement de population de pathogènes tels Clostridium difficile, Candida albicans ou autres espèces de levures du même genre et même de vers intestinaux. Une fois devenue envahissante, la levure, Candida albicans va libérer dans les intestins et dans le sang une panoplie de toxines qui vont abaisser davantage le système immunitaire, favoriser les allergies (voir rubriques sur les allergies) et s’ensuit également tout un ensemble de symptômes, de la fatigue extrême à la dépression. En fait, cette levure est un habitant normal de la microflore intestinale et a un certain rôle à jouer mais c’est lorsqu’il y a appauvrissement des populations de bactéries plus bénéfiques que le Candida peut devenir envahissant et alors la levure peut même se transformer en mycélium fongique et être intimement lié à la muqueuse intestinale entraînant une augmentation de la perméabilité intestinale. Ceci rend son élimination encore plus difficile créant un cercle vicieux sans précédent car cela compromet alors la colonisation de la muqueuse intestinale par les bactéries plus bénéfiques. L'utilisation répandue des antibiotiques et sans aucun doute un des principaux responsables de l'appauvrissement de la microflore chez la plupart des gens. Que ce soit en prise orale pour lutter contre une infection ou par prise indirecte via la viande ou autres aliments traités aux antibiotiques. Les autres causes peuvent être une mauvaise alimentation, le stress, l'alcoolisme ou la prise de d'autres médicaments comme les corticoïdes et les anovulants. 

 

La candidose est vraiment le mal du siècle malgré qu’il y ait encore peu de médecins qui en font le diagnostic, peut-être parce que les symptômes sont très variés et peu spécifiques. Cependant, il y a de plus en plus d’outils diagnostics pour vérifier une surpopulation de candida.

 

Voir  Liste de symptômes associés à la candidose

 

Pour enrayer la candidose, plusieurs moyens seront utilisés dont l'alimentation qui reste une clé essentielle pour rééquilibrer la flore.

 

Prendre bien soin de sa flore pour une santé florissante

 

Comme déjà mentionné ci-haut, pour entretenir ou favoriser notre microbiote, il faut miser sur les aliments qui vont nourrir ces bactéries symbiotes et éviter les aliments qui vont plutôt favoriser les organismes pathogènes tels les sucres raffinés et les céréales raffinés. Les nutriments prisés par ces bactéries sont aussi appelés prébiotiques, à ne pas confondre avec probiotiques vendus souvent sous forme de gélules et composés de bactéries lactiques ou bifides en grande quantité pour réensemencer les intestins. Les prébiotiques sont des fibres solubles comme les fructo-oligosaccharides (fructanes, FOS), la pectine et l’inuline. On les retrouve dans les fruits, les légumes, et les légumineuses.

 

Liste des aliments riches en fibres solubles prébiotiques ou favorisant les bactéries bénéfiques

 

  • La racine de chicorée
  • Le psyllium
  • Les topinambours
  • Les feuilles de pissenlit
  • L'ail
  • Les oignons
  • Les poireaux
  • Les asperges
  • Les bananes
  • Les pommes
  • L'orge
  • Les algues marines
  • Les aliments fermentés tel le kéfir, la choucroute, le yaourt mais non sucré!

 

 

Autres traitements contre la CANDIDOSE

 

 

En plus d'un régime alimentaire approprié qui va réduire le développement de la levure en favorisant les bactéries lactiques et bifidiques, on peut utiliser différentes plantes thérapeutiques connues pour leur effet antagoniste sur le Candida (voir liste des plantes plus bas). Cependant, à mesure que l'on cherche à éliminer cet envahisseur, on pourra observer ce que l'on appelle souvent l'effet Herxheimer ou "die-off", c'est-à dire une aggravation transitoire des symptômes suite aux traitements anti-candida, conséquence de la mort d'une part importante des populations de Candida qui entraînera la libération d'une grande concentration de toxines. C'est pourquoi avant d'utiliser ces plantes ou autres substances pour tenter d'éliminer le candida, il est recommandé de faire une cure du foie au préalable. Si la candidose est établie depuis longtemps ou que son développement est important, il vaut mieux y aller doucement si on ne veut pas affaiblir encore plus nos défenses. 

 

Liste de plantes ou autres substances avec effet anti-candida

 

-Feuilles d'olivier

-Pau d'arco

-Aloes

-Ail

-Berbérine

-Extrait de graines de pamplemousse

-Acide caprylique (présent dans le lait et l'huile de coco)

-L'hydraste du Canada

-Biotine (inhibe la transformation de la levure en mycélium plus néfaste)

-Aliment contenant beaucoup de chlorophylle comme la spiruline ou la chlorelle

-Vitamine C (aide au système immunitaire et à l'élimination des toxines)

 

Source: Candidose de Simon Martin aux éditions Modus Vivendi

 

Si l'infection est importante, l'utilisation seule de ces plantes ne sera probablement pas suffisante. Ces plantes peuvent donner un coup de pouce mais ne sont pas une solution à long terme car le candida a une puissante capacité d'adaptation à ces antagonistes. La lutte contre le candida ou plutôt le rétablissement d'une santé intestinale doit inclure des actions à plusieurs niveaux, soit des modifications de l'alimentation et autres mode de vie qui vont contribuer à augmenter l'efficacité du système immunitaire ainsi que la reconstruction de la microflore bénéfique. D'autres méthodes peuvent être aussi d'une grande aide comme l'hydrothérapie du colon et le jeûn.

 

 

Littérature

 

1. Intestinal microbiota, probiotics and mental health: from Metchnikoff to modern advances: Part II – contemporary contextual research. Alison C Bested, Alan C Logan, Eva M Selhub, 2003. Gut Pathogens, 2013 5:3. 

 

2. Antagonism against Vibrio cholerae by diffusible substances produced by bacterial components of the human faecal microbiota. S.H. SILVA,  E.C. VIEIRA,  R.S. DIASJ.R. NICOLI. 2001.  Journal of Medical Microbiology 50: 161-164.

 

3. Bacteria as vitamin suppliers to their host: a gut microbiota perspective. Jean Guy LeBlanc,Christian Milani,Graciela Savoyde Giori, Fernando Sesma,Douwevan SinderenMarcoVentura